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Se rappeler de moi

Carole Avril : « Animer, c’est donner une âme »

 

Carole Avril est directrice du service Animation de la Fédération de l’AFD (Association française des diabétiques). Le côté « touche-à-tout » de la fonction convient particulièrement bien à cette jeune femme qui aime par-dessus tout « animer » pour faire, à son échelle et avec les autres membres de l’association, bouger le monde.

C’est à deux pas de la Place de la Bastille, dans le sobre bâtiment du 88 rue de la Roquette que l’AFD a implanté son « quartier général ». Pas ou peu de lumière naturelle dans les murs de cette ruche où travaillent une vingtaine de salariés. Parmi les abeilles ouvrières : Carole Avril, responsable du centre de formation, du service social et juridique de l’AFD, de l’animation du réseau et du service information diabète.

L’animation comme fil rouge

Concrètement, le travail de Carole recouvre l’ensemble des piliers de l’association : informer, prévenir, défendre et accompagner. « Toutes ces missions me prémunissent contre la routine, reconnaît la jeune femme. Aucun jour, aucune année ne se sont ressemblés depuis que je suis à l’AFD ». Née en Guadeloupe et ayant passé une partie de sa vie dans le Midi de la France (Montpellier, Marseille puis Toulouse), Carole Avril arrive à Paris en 2004, en pleine période de métamorphose de l’association. Dans ses bagages : une maîtrise de droit, un master en gestion d’établissement de santé privé et une solide expérience dans l’animation : responsable d’un BIJ (Bureau Information Jeunesse), responsable d’animation dans un foyer de jeunes travailleurs, formatrice en alphabétisation, elle retrouve finalement dans l’AFD ce qui l’a toujours motivée. « L’animation est un des fils rouges de ma vie professionnelle, explique Carole Avril. Je trouve d’ailleurs que ce mot d’animation est l’un des plus beaux qui soient. Animer, c’est donner une âme et en tant que directrice j’ai en effet pour devoir d’insuffler une âme dans mon service, c’est-à-dire de faire en sorte qu’il y ait une bonne ambiance. C’est ce supplément d’âme qui fait qu’on a envie de bosser et qu’on croit à la cause ».

Des initiatives au service des patients

2004 : la période des grands chantiers pour l’AFD. « Les documents que nous avions sur le diabète émanaient principalement des laboratoires et des médecins. Nous avons dû à peu près tout reconstruire et imprimer notre marque. Cela s’est fait notamment par la réalisation d’un CD de formation des patients-experts ». Entre autres réalisations, dont elle est particulièrement fière, il y a la mise en place des séjours plongée. « On venait de lever l’interdiction pour les personnes diabétiques de faire cette activité. Lors du premier séjour, un jeune m’a dit : « tu nous as permis de réaliser un rêve ». C’était un moment très fort ! », se souvient-elle. Son sens de l’initiative a également permis aux personnes aveugles et diabétiques d’avoir accès à un lecteur vocal de glycémie. « J’ai accompagné la société qui les fabriquait pour qu’il soit référencé auprès de l’AFSSAPS (devenue cette année l’ANSM – Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). »

Aller vers soi pour mieux se tourner vers les autres

Aux racines de l’esprit militant qu’elle incarne et tente d’insuffler pour que les bénévoles de l’association deviennent acteurs de santé, réside une conscience « qu’on a tous un rôle à jouer en société. Je me réfère souvent à un discours de Nelson Mandela » (son discours d’investiture en 1994, ndlr), raconte Carole craignant un instant que cette brillante référence passe pour trop immodeste. « Il dit qu’en laissant notre lumière briller, nous donnons aux autres la permission d’en faire autant. Sois le changement que tu veux faire réaliser dans le monde, et n’aie pas peur de ta propre lumière, c’est son message. Cette pensée est intéressante car je crois beaucoup au travail en équipe et je suis persuadée que pour le réussir, il faut avoir réfléchi sur soi-même. »

Une attention à soi qui lui permet de mieux se tourner vers les autres. « Le fait de travailler dans une association de patients me sensibilise aussi beaucoup à l’hygiène de vie. Je ne fume pas, je ne bois pas, je fais un peu de yoga. Ca fait un peu monastique de dire ça, non ? », conclut-elle dans un grand rire.

Romain Bonfillon

Les [im]Patients, Chroniques & Associés et moi

Le fait d’être un regroupement d’associations permet de réfléchir à nos prises de paroles communes mais aussi à nos divergences. Cet exercice renforce nos positions en interne et nous réinterroge sur nos positions, nos missions. Cela évite que l’on se conforte dans nos idées, c’est une saine remise en cause.