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Se rappeler de moi

« Mes chers confrères, mes tous petits »

Des internes en médecine tiennent un blog hebergé par France Télévisions​. Ils ont écrit un article très paternaliste sur « Hospitalidée » un site qui donne la possibilité aux patients d’évaluer les hôpitaux. Selon eux :

Un TripAdvisor des services hospitaliers ? Mmmhhhh … La nouvelle me laisse perplexe. Finalement c’est une suite logique des choses : la médecine est devenue un produit de consommation, les patients se croient à l’hôtel lorsqu’ils sont hospitalisés (« Non j’aimerais plutôt aller au scanner après ma série TV » ou « Pas l’opération de l’appendicite maintenant, je chante ce soir à un concert !« )

 

Heureusement, une médecin s’est insurgé contre une telle vision de l’évaluation patient. Nous, les malades, ne sommes pas des enfants qui font des caprices, nous sommes des personnes qui avons besoin de soins, et nous conservons notre propre capacité de réflexion sur les dispositifs qui nous sont proposés.

Sous le titre : « mes chers confrères, mes tous petits », François Blot fait une démonstration magistrale de ce que devrait être la vision de la médecine en 2015, une vision participative, dans laquelle nous, les patients aurions notre mot à dire. Nous vous proposons un extrait du commentaire de l’article laissé par ce chef de service de réanimation d’un hôpital parisien.

« Et ben si, les gars : les malades pensent ! J’te jure… Ils ont des avis, ils s’informent, et pas seulement auprès de leur concierge puisqu’ils n’ont plus que des digicodes. Les patients ont un regard critique, et c’est heureux, une intelligence de personne humaine, d’être pensant. Moi aussi, je trouve ça dingue, mais il faut s’y faire. Et ce n’est pas seulement l’éclat de leurs œufs mimosa, la tiédeur du jambon-purée, la marque de cigarette dans le rideau (Hôpital sans tabac oblige) qu’ils évaluent. Non madame : les organisations (ou désorganisations) des soins les frappent au premier coup d’œil. L’accès à l’information et à la décision médicale partagée (P., A., R. …. C’est dans le dico, je vous laisse lire), l’humanité des soins, le respect de la personne, la participation au parcours de soin, la reconnaissance de l’expertise patient, le respect des procédures (quand on entre dans une chambre sans se laver les mains, ils s’en rendent compte. Si, si !), tous points, et bien d’autres, qu’il leur est loisible de juger. Penser que les malades « fuiront l’hôpital truc à cause de son papier peint » (sic) est une insulte à l’intelligence. A leur intelligence, mais aussi à la vôtre, qui ne ressort pas de ce papier comme une caractéristique première. Non plus que l’humanisme ou un soupçon d’empathie, mais cela vous importe-t-il plus que votre premier abaisse-langue (réutilisable)?

 

L’article en totalité est disponible ici.