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Sida : quels financements pour les nouvelles recommandations de l'OMS ?

Communiqué de presse de AIDES – 01 Juillet 2013

Dans ses nouvelles recommandations en date du 30 juin, l’OMS préconise une mise sous traitement plus précoce des malades, seule à même de mettre fin à l’épidémie. AIDES, qui en faisait la demande depuis longtemps, salue cette prise de position mais s’inquiète du désengagement financier de la France.

Proposer le traitement antirétroviral à un stade plus précoce permet de réduire substantiellement le risque de transmission du virus, tout en améliorant la qualité de vie des malades. C’est dans cet objectif que l’OMS appelle désormais à une mise sous traitement dès lors que les défenses immunitaires passent en dessous du seuil de 500 CD4/mm3, contre 350 précédemment. Nous ne pouvons que saluer cette recommandation, qui va clairement dans le sens de la fin de l’épidémie… à condition qu’elle soit accompagnée des financements adéquats. Car traiter plus précocement signifie mécaniquement traiter plus de malades, ce qui nécessite d’avantage de moyens. Or AIDES exprime ses plus profondes inquiétudes quant au manque de volontarisme de la communauté internationale. A commencer par la France, qui est en phase de perdre son leadership dans le combat mondial contre le virus.

A l’heure où Etats-Unis et Royaume-Uni annoncent une augmentation de leur contribution au Fonds Mondial, le silence de la France inquiète. Aucune garantie ne nous a été donnée quant au maintien de l’aide française au Fonds mondial, nous laissant même entrevoir, pour la première fois, une possible baisse. AIDES met en garde contre cette tentation, qui constituerait un très mauvais signal envoyé aux autres pays donateurs. Une mauvaise nouvelle qui s’ajouterait à l’opération d’enfumage du gouvernement autour de la taxe « nationale » sur les transactions financières (TTF), dont seuls 5% seront finalement affectés à l’aide au développement. Au mépris des promesses d’un président Hollande fraichement élu (1). Hollande, l’investissement de la France sur le front anti-sida semble très loin des objectifs fixés par l’OMS. Un non-sens économique, car un investissement ambitieux dès aujourd’hui permettrait d’éviter des millions de contaminations et de réaliser de substantielles économies.

« Les recommandations de l’OMS rappellent crûment que la France est en retard d’une guerre. Si nos décideurs entendent véritablement lutter contre le sida, ils doivent faire preuve d’un minimum de logique : pour s’adapter au nouveau paradigme promu par l’OMS, nous DEVONS engager les moyens à la hauteur de l’enjeu », souligne Francesca Belli, responsable du plaidoyer international de AIDES.

Nous allons même plus loin que l’OMS, et demandons la proposition de traitement à TOUS les malades, à commencer par ceux issus des communautés les plus exposées. Pour atteindre cet objectif, AIDES appelle la France à augmenter sa contribution au Fonds Mondial, et à affecter 30% des recettes de la TTF aux grandes urgences mondiales. C’est à ce prix que nous mettrons fin au sida.

(1) 23 juillet 2012, discours de F.Hollande à la conférence sida de Washington : http://www.ambafrance-ca.org/Conference-sur-le-SIDA

Contact :
Tony Fortin – 01 77 93 97 00 / 06 28 59 23 44 – tfortin@aides.org

Antoine Henry – 01 41 83 46 53 / 06 10 41 23 86 – ahenry@aides.org