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La Société française de Santé publique alerte sur la baisse des crédits à la prévention

Le désengagement de l’Etat en matière de santé s’accentue. Et les choix ministériels pour l’année 2014 le confirment. Dans un communiqué, la Société française de santé publique (SFSP) s’alarme de ces restrictions, notamment en matière de prévention.

20 millions de moins dans l’enveloppe l’année prochaine, soit un fléchissement de 14 %. C’est l’amer constat réalisé par les acteurs de la santé publique après le dévoilement du budget du ministère de la Santé. De 140 millions, ce n’est plus que 120 qui seront alloués à la prévention et aux programmes de terrain. Un montant bien moins élevé que pour la partie soins, mais surtout en contradiction avec le discours de la Stratégie nationale de santé, qui affirme « faire le choix de la prévention et agir tôt et fortement sur tout ce qui a une influence sur notre santé », relève la Société française de santé publique.

Le pire est avenir
De manière concrète, cette baisse impacte directement les crédits accordés en région par les Agences régionales de santé (ARS), mais aussi au niveau de la Direction générale de la santé (DGS), réduit de près de 30 %. C’est donc tous les secteurs de la prévention sanitaire et de la promotion de la santé qui seront touchés : médecine du travail, scolaire ou la prévention maternelle et infantile. Sans oublier les associations de santé qui bénéficient de ces fonds pour leurs actions locales et nationales. « Nous avions déjà alerté l’année dernière sur les conséquences directes de ces chutes de financements », explique Flore Lecomte, déléguée générale à la SFSP. Cette institution qui fédère les acteurs de santé publique hexagonaux, constate déjà les effets auprès de ses membres : « Typiquement, ce sont des licenciements économiques, des fermetures de programmes, voire de structures qui nous sont rapportées. Les structures sont fragilisées et ce n’est que le début », déplore Flore Lecomte.

Le communiqué revient notamment sur la disparition d’une structure du Roussillon, qui a entraîné dans son sillage tout un pan d’éducation à la santé de la zone. « Consciente » du contexte économique en France, la SFSP regrette néanmoins que la santé reste la « variable d’ajustement », alors que les inégalités d’accès aux soins ne cessent de croître. Elle demande donc un support financier à minima égal à celui de 2013. Car le délitement du tissu associatif équivaut à un arrêt définitif des actions fondamentales de notre système de protection sociale et sanitaire. « Nous connaissons le rôle des associations de terrain : si elles disparaissent, c’est autant de programmes qui devront s’arrêter. Il est de l’intérêt de tous de protéger les structures qui assurent ce que l’Etat ne fait plus », défend encore Flore Lecomte. Mais cette dernière ne se fait guère d’illusions quant aux années à venir. Pour elle, ce désengagement va perdurer, et ses conséquences avec.

Mathieu Brancourt