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Se rappeler de moi

Les toilettes : une évidence qui ne l'est pas

Ce 19 novembre avait lieu la « Journée mondiale des toilettes ». Une cause méconnue en France mais pourtant reconnue par l’ONU depuis 2001. Et derrière l’insolite se cachent des enjeux  aussi bien locaux qu’internationaux.

Qui n’a pas ri aujourd’hui en apprenant le thème de la journée ? Moins prestigieuse que la liberté, moins « polie » que celle de la gentillesse, la journée mondiale des toilettes est aussi moins évidente. Mais que diable cache-t-elle ?

Une réalité effrayante
Disons-le tout de go, avoir accès à des sanitaires propres ne va pas de soi dans ce monde. Au contraire, cette question qui fait sourire ici répond à une urgence là-bas. Plus de deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des toilettes et deux millions d’enfants meurent chaque année de maladies dues en grande partie à un manque d’assainissement et d’hygiène. Une réalité qui, lorsqu’elle est connue, réfrène nombre de sourires. C’est qu’explique très justement Romain Blachier, adjoint à la mairie de Lyon, dans un billet sur le site Huffington Post. Alors ce 19 novembre inconnu du grand public doit être un rappel que le « trône » propre reste un privilège.

Symbole de la journée mondiale des toilettes (crédit AFA)

Qui concerne l’ensemble de la planète… Notamment en France !
Les associations de personnes vivant avec une maladie intestinale chronique et invalidante ou MICI (comme la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique) sont les premières à pâtir du faible nombre de toilettes publiques. Les bons élèves (comme Paris ou Lyon) plafonnent à 400 sanitaires… pour des centaines de milliers d’habitants ! Et c’est sans parler de la salubrité des lieux. L’association François Aupetit (AFA), qui lutte contre ces pathologies, profite de cette journée pour sensibiliser l’opinion à ce qui semble être une évidence : avoir des toilettes hygiéniques, partout et tout de suite. L’organisation rapporte des témoignages ahurissants de personnes atteintes qui, faute de trouver des sanitaires à proximité, ont du se soulager en pleine rue. Elle a lancé une campagne de recensement en ligne des toilettes publiques pour à terme proposer une application mobile pour les 200 000 individus directement concernés. Elle invite les citoyens à signaler leur présence et à enfin aborder une question qui reste trop souvent taboue.

Mathieu Brancourt

Plus d’infos sur la campagne sur le site de l’AFA